Nouvelles de la CCT

Un an plus tard : études de cas sur la Collection d’expériences distinctivesMD. Vol. 2 : Experience PEI.

Avec sa trentaine de produits, cette petite entreprise de l’Île-du-Prince-Édouard fait découvrir aux voyageurs le vrai visage du Canada.

09 août 2012
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Si vous voulez apprendre l’ABC du tourisme, sachez qu’à la lettre E, on trouve Expérience, l’essence même du programme Collection d’expériences distinctivesMD (CED)de la Commission canadienne du tourisme (CCT). À sa deuxième année d’existence, la Collection compte déjà plus de 160 membres et jouit d’une visibilité internationale croissante.

L’expérience est également au cœur d’une entreprise très particulière de l’Île-du-Prince-Édouard. Chef de file local des fournisseurs d’aventures et de voyages, Experience PEI permet aux visiteurs de faire connaissance avec le vrai Canada. Cette entreprise mérite amplement sa place dans la deuxième série d’études de cas publiée par les Nouvelles de la CCT.

Dans l’entrevue qui suit, Bill Kendrick, propriétaire et exploitant avec son épouse Mary d’Expérience PEI, révèle ce qui le pousse à chercher sans cesse de nouveaux produits à offrir aux visiteurs et explique en quoi ces produits lèvent le voile sur le côté exotique du Canada.

Pêche aux huîtres et dégustation (Tong and Shuck), l’expérience incluse dans la Collection, met en valeur le travail de Future Seafoods, une ferme ostréicole de l’anse Salutation, sur l’Île-du-Prince-Édouard. Les visiteurs s’embarquent sur un doris pour pêcher eux-mêmes l’huître au râteau et apprennent du même coup à écailler ces mollusques.

Commençons par le début : qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans le tourisme?
À l’origine, notre incursion dans le tourisme est née d’un désir d’exploiterun gîte [Briarcliffe Inn]. Charmés par une vieille ferme centenaire, nous l’avons achetée et rénovée. Nous y accueillons des visiteurs depuis 2001.

L’idée d’Experience PEI a surgi de nos conversations avec nos invités. Deux questions revenaient sans cesse : où aller et quoi faire. En dehors des trois réponses évidentes, « la maison aux Pignons verts », « une balade en voiture sur la côte » et « un repas de homard », nous manquions de suggestions. Pourtant, nous savions que la province recelait bien plus de trésors que cela. Nous avons progressivement remarqué que les visiteurs qui revenaient et semblaient le plus attachés à la région étaient ceux qui avaient créé des liens ici. Ils avaient engagé la conversation avec un pêcheur de homards ou discuté avec un agriculteur dans un champ de pommes de terre.

Il devait bien exister une manière de stimuler les échanges entre touristes et personnalités intéressantes de l’île. C’est pourquoi nous avons créé le concept « à la rencontre des voisins ». Tong and Shuck fut notre toute première expérience. Dans une anse en contrebas de l’auberge se trouve une ferme ostréicole qui cultive plus d’un million d’huîtres. Le pêcheur m’a traité de fou : personne ne s’intéresserait à un travail aussi dur, sale et humide. Pourtant, les visiteurs le regardaient travailler avec curiosité. L’occasion était belle de leur donner la chance de découvrir les huîtres, la pêche aux huîtres, la ferme ostréicole et la famille du pêcheur. J’ai eu du mal à le convaincre, mais il a fini par accepter. Six ans plus tard, nous offrons plus de 30 produits de tourisme expérientiel, mais c’est celui-là qui demeure le plus populaire.

Quel est le plus grand défi de votre entreprise aujourd’hui?
Le marketing des expériences; il s’agit de faire savoir aux visiteurs que ces produits touristiques existent. Nous n’avions pas des clients tous les jours au début. Les gens ne se lèvent pas le matin en se disant : « aujourd’hui, je veux vivre une expérience touristique! »

Nous sommes bien connus dans notre région de l’île. Tourisme Île-du-Prince-Édouard a vraiment soutenu le développement de produits et positionné la province en chef de file du tourisme axé sur les expériences. Sur le plan pratique, une de nos difficultés réside dans le fait que ce genre de produits ne peut figurer dans un programme préparé d’avance. La pêche aux huîtres se fait à marée haute, tandis que les coques se ramassent à marée basse. La commercialisation de ces produits relève d’une logistique compliquée qui demande beaucoup de travail.

Comment faites-vous la promotion de votre statut de membre?
Nous avons intégré un lien vers l’annonce de notre adhésion sur la page Web qui présente Tong and Shuck. Nous mentionnons aussi la CED, en plus des prix que nous avons reçus, dans les courriels que nous envoyons aux clients pour confirmer leur réservation. À nos yeux, l’inclusion dans la CED valide davantage notre travail et nous donne de la crédibilité à titre d’exploitants.

Il est un peu tôt pour faire le bilan, puisque le programme n’existe que depuis un an, mais qu’est-ce qui a changé pour votre entreprise depuis qu’elle est membre de la Collection?
Notre fonctionnement n’a pas changé, mais nous bénéficions indéniablement d’une meilleure visibilité internationale. En tant que petite entreprise, nous n’avons pas de ressources à consacrer au marketing international; nous profitons énormément des efforts déployés par la CCT. Nous savons que les voyageurs étrangers recherchent ce type d’expérience personnelle et relationnelle.

Accueillez-vous plus de visiteurs internationaux qu’avant? 
Le nombre augmente d’année en année, mais nous avons vraiment remarqué un bond l’année dernière.

Votre visibilité dans les médias canadiens ou étrangers a-t-elle augmenté depuis que vous faites partie de la CED?
L’Île-du-Prince-Édouard a accueilli un certain nombre de journalistes touristiques cette année, après le Carrefour GoMedia Canada. Le fait d’élaborer sans cesse de nouveaux produits nous attire les faveurs de Tourisme Île-du-Prince-Édouard, qui fait souvent appel à nous lorsque des journalistes touristiques demandent quelque chose de nouveau et de différent. Nous avons reçu davantage de rédacteurs étrangers, notamment en provenance d’Europe et d’Australie, alors qu’autrefois, les journalistes venaient seulement du Canada et des États-Unis.

Après un an, que pensez-vous de la CED? Avez-vous rencontré des obstacles? (Répondez en toute honnêteté; nous ne mordons pas.)
J’ai trouvé la procédure de soumission plutôt lourde. Certaines questions, en particulier celles qui portent sur le marketing international, incitent presque à fabriquer des réponses. Pour beaucoup d’entre nous qui exploitons une petite entreprise, le marketing international en tant que tel est tout simplement hors de portée. Nous sommes présents sur Internet, ce qui est évidemment une vitrine dans le monde entier, mais c’est tout.

Avez-vous envisagé des relations d’affaires ou des promotions croisées avec d’autres membres de la CED?
Pas encore, mais c’est une idée intéressante, bien que j’aie du mal à voir comment nous pourrions nous associer à une entreprise du nord de la Colombie-Britannique. Ici, sur l’île, nous ne sommes que deux à faire partie de la CED. Depuis que nous avons élaboré Experience PEI, on nous demande de participer à des ateliers en dehors de l’île, en compagnie d’autres organismes de marketing provincial et de destination. Il faut se mettre dans la peau des touristes : ils viennent visiter non seulement notre île, mais les Maritimes ou le Canada atlantique. S’ils ont vécu une expérience extraordinaire en Nouvelle-Écosse, ils voudront en faire autant à l’Île-du-Prince-Édouard. Nous en profitons tous.

En tant qu’exploitant touristique, quelle est la plus grande leçon que vous tirez de l’année qui vient de passer?
Nous essayons de pénétrer le marché des croisières, un secteur à forte croissance pour l’Île-du-Prince-Édouard. C’est un marché totalement différent. Ces visiteurs ne restent qu’une seule journée. Nous avons établi des contacts avec le segment le plus aisé, celui qui recherche des produits axés sur l’expérience. À cette fin, nous avons adapté certains produits afin de pouvoir accueillir plus de visiteurs à la fois, sans perdre l’aspect d’expérience participative. Il ne s’agit pas d’un marché de masse, mais le tourisme axé sur les expériences ne s’adresse pas aux masses non plus.

Quels défis l’industrie touristique canadienne doit-elle relever?
La CCT fait du bon travail pour essayer d’améliorer l’image de la marque Canada. En parlant avec les voyageurs, j’ai l’impression qu’ils voient le pays comme un vaste espace sauvage propice à l’aventure et riche en paysages magnifiques. Pourtant, c’est beaucoup plus que cela et, en tant que pays, nous devons le faire savoir. Comme la planète regorge de paysages magnifiques, il est difficile de compter sur cet atout pour concurrencer les autres destinations. Nous devons montrer aux visiteurs qu’ils peuvent découvrir notre culture unique, et interagir avec cette culture. Notre pays est tout aussi exotique que les autres, mais nous avons du mal à l’admettre. Nous devons donc trouver la façon de faire passer ce message et la CED est un excellent point de départ pour cela.

 

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