Nouvelles de la CCT

Trois tendances touristiques à surveiller en 2014

Des Chinois qui partent en croisière, des jeunes voyageurs qui ont la bougeotte et une économie collaborative omniprésente : autant de possibilités qui se dessinent pour l’industrie touristique canadienne.

03 janvier 2014
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Rangez votre boule de cristal : l’équipe de la Recherche de la Commission canadienne du tourisme (CCT) a consulté les augures, et il nous faudra surveiller trois grandes tendances qui se dessinent pour l’année prochaine et qui seront riches en possibilités pour l’industrie touristique canadienne.

De nombreux facteurs façonnent l’évolution du marché touristique international, comme l’expansion continuelle des voyages en provenance des pays émergents, de la Chine en particulier, et les voyages des jeunes. Internet et les médias sociaux font naître de nouveaux modèles de services touristiques, et l’industrie aérienne cherche à atteindre de nouveaux sommets grâce à de nouvelles technologies qui stimulent le renouvellement des flottes d'avions, la création de mégaplaques tournantes et l’utilisation d’appareils à très grande autonomie comme le Dreamliner 787 qui permettent de relier ces gros aéroports.

1) Les Chinois prennent leur vitesse de croisière
Après avoir déclaré l’année 2013 « année du tourisme maritime », le gouvernement chinois, dans son dernier plan quinquennal, encourage les Chinois à partir en croisière, un type de voyage jusqu’à maintenant peu commun pour les consommateurs chinois. Le plan a été reçu avec enthousiasme par les citoyens et beaucoup, dans l’industrie, prédisent que la Chine deviendra d’ici 2017 le deuxième marché des croisières, après les États-Unis.

Si le marché des croisières souffre encore d’un manque d’infrastructures portuaires en Chine même, ce n’est pas le cas au Canada, bien au contraire. Plus les consommateurs chinois seront au fait de notre offre, plus les entreprises canadiennes seront capables de vendre leurs croisières de luxe aux voyageurs chinois fortunés, qui dépensent déjà en moyenne 1 776 $ par voyage au Canada. (Sources : Euromonitor, Statistique Canada)

2) Les jeunes voyageurs
L’OMT estime que le nombre annuel d’arrivées de jeunes voyageurs (de 18 à 30 ans) atteindra 300 millions d’ici 2020. À l’échelle mondiale, les voyages connaissent une croissance de 9 % chez les jeunes par année, mais de 2 % seulement dans la population en général. Les déplacements des jeunes voyageurs sont maintenant facilités par la croissance mondiale des liaisons, aussi bien dans les transports que dans les communications. Selon des recherches récentes d’Expedia, les voyageurs de 18 à 30 ans font en moyenne 4,7 voyages par an et donc plus que les 30 à 45 ans, qui en font 3,6, et les 46 à 65 ans, qui en font  2,9. 

Ces jeunes voyageurs effectuent des réservations, font part de leurs expériences sur les réseaux sociaux et lisent ou écrivent des avis en ligne afin de préparer leurs voyages — tout cela à partir d’un téléphone intelligent ou d’une tablette. Ils utilisent de préférence les concierges mobiles et choisissent des solutions d’hébergement ou de services de voyage collaboratifs, comme le covoiturage, solutions qui reposent souvent sur des applications pour téléphones intelligents.

Les jeunes voyageurs dépensent beaucoup d’argent et sont à la recherche d’aventures actives pour le plaisir et comme forme de consommation ostentatoire. La marque jeune et énergique du Canada est bien placée pour tirer profit de la croissance des voyages chez les jeunes. Les nouveaux programmes jeunesse de la CCT au Canada et à l’étranger contribueront à augmenter les visites et les dépenses des jeunes voyageurs au Canada et en feront des ambassadeurs du Canada. (Sources : OMT, Expedia, unité de la Recherche de la CCT)

3) L’économie du partage : l’hébergement et les services de voyages collaboratifs
De nouveaux modèles d’entreprise font leur apparition pour faciliter le partage de services de voyages entre individus. Des sites de location de chambres comme Airbnb, HouseTrip et HomeAway mettent en contact des voyageurs et des personnes qui désirent louer leur résidence à court terme. Airbnb a été utilisé par 10 millions de voyageurs depuis sa création en 2008, dont cinq millions en 2013.

Plusieurs facteurs contribuent à cette croissance de l’économie du partage :

  • facteurs économiques : depuis le début de la crise, les consommateurs prudents ont diminué leurs dépenses et trouvent dans la consommation collaborative une bonne façon de voyager tout en économisant. Par ailleurs, les propriétaires de biens inutilisés (maisons, chambres, voitures, etc.) peuvent se faire un peu d’argent et réduire leurs coûts en louant ces biens.
  • facteurs technologiques : la téléphonie mobile et les réseaux sociaux ont rendu possible l’appariement entre l’offre et la demande dans un réseau dépassant largement la famille et les amis. Les réseaux sociaux et les avis en ligne personnalisent la transaction et augmentent la confiance, et les systèmes de paiement en ligne sont à présent sécurisés et conviviaux.
  • facteurs sociaux :l’évolution des goûts des consommateurs et des normes sociales a entraîné un engouement pour les rapports directs entre les personnes et le partage des expériences. Les voyageurs recherchent des expériences authentiques, et le fait de contribuer à l’économie locale et d’en apprendre plus sur leur environnement leur permet d’y arriver. Les voyageurs peuvent ainsi connaître leurs hôtes et leur demander conseil, ce qui fait des hôtes d’Airbnb, par exemple, des acteurs touristiques de première ligne, exactement comme le concierge d’un hôtel.

Les jeunes voyageurs font beaucoup appels à ces services, tout comme les familles aux budgets limités qui préfèrent un hébergement leur permettant de se préparer leur repas ensemble et de rester sous un même toit, tout en vivant des expériences authentiques et en découvrant des saveurs régionales.

Ce type de voyage a également des avantages économiques : les voyageurs optant pour l’hébergement collaboratif ont tendance à rester plus longtemps dans un même endroit (Airbnb), et leurs dépenses dans les quartiers où ils résident permettent à de nouveaux secteurs de l’économie de jouir des revenus touristiques.

En 2014, la CCT surveillera ce domaine d’activité afin de déterminer si l’hébergement et les services de voyage collaboratifs attirent des visiteurs qui n’auraient pas voyagé ou qui n’auraient pas choisi le Canada autrement. (Sources : Skift, Altimeter, Euromonitor, Airbnb)

 

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Commentaires

Nos analyses se rejoignent 2 fois sur 3 ! Sans avoir lu cet article, je mentionnais dans mon plus récent blogue que 3 réalités allaient avoir des impacts majeurs sur le tourisme au Québec: l'endettement des ménages canadiens, le remplacement des baby-boomers par la génération Y et l'économie de partage ! http://lessardf.blogspot.ca/2014/01/le-tourisme-au-quebec-les-realites-e...

Bonjour Alain - La CCT surveillera ce phénomène dans son ensemble, c'est-à-dire les tendances qui se dessinent et les effets potentiels de ce phénomène sur l'industrie.

en 2014, serait-il possible pour la CCT, dans le mandat de surveillance qu'elle se donne sur ce phénomène (Héb. collaboratif), de surveiller en plus si ce phénomène nuit ou pourrait nuire à la viabilité des entreprises d'hébergement commercial. le phénomène est déjà important et semble difficile à circonscrire, d'où le risque.....

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