Idées d'articles

Il était une fois à Toronto…

Plus que jamais, le théâtre est une valeur sûre dans la métropole du Canada.

09 mars 2011
Imprimez

Il était une fois, il n’y a pas si longtemps que cela, des amateurs de théâtre américains et britanniques qui découvrirent que Toronto, en Ontario, offrait des spectacles dignes de Broadway pour 100 dollars canadiens, soit seulement 50 dollars américains ou 25 livres sterling. Les admirateurs d’Andrew Lloyd Webber affluèrent pour voir Donny Osmond s’imposer comme référence dans le rôle de Joseph dans Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat, pendant qu’à quelques rues de là, les merveilleuses marionnettes de Lion King faisaient la joie de près de 3 millions de spectateurs.
           
Les temps ont changé, on le sait, et avec eux, les taux de change — un billet d’entrée de 100 dollars canadiens coûte maintenant 100 dollars américains, ou environ 65 livres sterling. Mais un billet pour une pièce de théâtre montée à Toronto représente toujours une aubaine exceptionnelle, le jeu des acteurs et la qualité de la mise en scène des mégaproductions torontoises n’ayant rien à envier à celles du Broadway new‑yorkais ou encore du West End londonien.   

Quoi qu’il en soit, si comme moi vous êtes un inconditionnel de théâtre, vous savez qu’une grande partie des meilleures pièces sont produites off Broadway et off West End, en marge des grands quartiers de théâtre. À Toronto, même s'il n’existe pas d’expression équivalente, il existe une expérience semblable — et c’est là que les gens en visite au Canada voient bien qu’ils ne sont ni à New York ni à Londres.

Les scènes moins connues de la Canadian Stage Company, de Buddies in Bad Times, de VideoCabaret, de la Acting Upstage Company et de nombreuses autres compagnies font vivre des émotions théâtrales qui gravent dans la mémoire du public des souvenirs poignants — souvent typiquement canadiens. Voilà une valeur authentique.

Vous connaissez le VideoCabaret? Ce n’est pas une expression que l’on entend tous les jours, même dans le milieu du théâtre, certes, mais comme je l’ai découvert à Toronto, c’est le mot de passe pour des œuvres de théâtre des plus puissantes et des plus extraordinairement originales qui soient. En un mot, vous réservez les coulisses d’une boîte de nuit, y construisez en guise de scène une petite boîte noire (d’environ 15 pieds carrés) à l'éclairage minutieusement pensé, et ce, pour y accueillir une équipe fabuleusement talentueuse d’environ sept acteurs vêtue et maquillée dans un style hyperbolique et les laisser raconter de merveilleux récits canadiens en usant d'un langage satirique, d’expressions faciales et de juxtapositions rapides. Lors de ma récente escapade théâtrale à Toronto, VideoCabaret m’a fait revivre la participation du Canada à la Première Guerre mondiale dans une pièce bouleversante, passionnante, drôle et intense — dont les personnages allaient de sir Wilfred Laurier à la duchesse de Cornwall, en passant par des prisonniers de guerre allemands —, le tout joué dans les limites restreintes de cette petite salle. Cette expérience unique à Toronto est un must, quel que soit le thème de l’histoire.

Le plus grand théâtre gai du monde! À l’autre bout de la ville, dans le quartier appelé Church Wellesley Village, les amateurs de théâtre se donnent rendez‑vous au théâtre Buddies in Bad Times. Dans un pays où les « questions » gaies ne se posent presque plus (au Canada, les hommes et les femmes homosexuels peuvent, depuis le début des années 1990, servir ouvertement dans les forces armées et peuvent légalement se marier et adopter des enfants depuis le début des années 2000), on pourrait croire que tout a été dit sur la réalité gaie. Pourtant, Buddies in Bad Times — la plus importante compagnie théâtrale gaie du monde — raconte cette réalité depuis 1979 et trouve encore aujourd’hui de très nombreux sujets GLBTQ à explorer sur scène. Selon Brendan Healy, directeur artistique de la compagnie, la saison 2011 « aborde les facettes de la citoyenneté, de la racialisation, de la religiosité, de la marginalisation et de la répression sociale… en couvrant avec humour, intelligence et férocité toute la complexité de la réalité gaie contemporaine ». Tout récemment, la pièce The Silicone Diaries a fait un retour sur les planches; cette pièce adapte pour la scène la transition de son personnage d’un corps d’homme à un corps de femme. Fascinant! 

Pour que le théâtre demeure d’actualité. La Canadian Stage Company, peut‑être la compagnie la mieux connue des producteurs d’œuvres théâtrales de Toronto, possède deux splendides théâtres au cœur de la ville et monte chaque année de 10 à 14 pièces, principalement de théâtre contemporain. Certaines de ces pièces, telles que Saint Carmen of the Main et Project: Humanity’s The Middle Place, qui seront bientôt à l’affiche, sont résolument canadiennes et racontent une histoire qui se déroule dans un contexte canadien, alors que d’autres font voyager le public autour de la planète, voire dans l’espace. Lors de ma récente escapade théâtrale, j’ai eu la chance de voir The Anderson Project, un spectacle solo envoûtant du légendaire acteur canadien Robert Lepage.
           
Double programme. S’il y a une facette du théâtre qui est rarement mentionnée dans les pièces, c’est le décor et l’histoire des théâtres eux‑mêmes. Bien que Toronto compte de nombreux théâtres de calibre international, l’un d’eux se démarque par sa grande importance historique — sans mentionner son pur intérêt visuel, peu importe les œuvres présentées sur ses scènes. Il s’agit du Centre des salles de théâtre Elgin et Winter Garden, qui a ouvert les portes de sa première scène en 1913 (avec une prestation d’Irving Berlin) et celles de la seconde en 1914 . Ce n'est pas le fait qu’il y ait plusieurs scènes qui rend ce théâtre remarquable et unique — un grand nombre de centres modernes abritent en effet plusieurs scènes sous un même toit —, mais plutôt le fait que ces deux théâtres soient littéralement l’un sur l’autre. Le Winter Garden repose en effet sept étages au‑dessus du théâtre Elgin. Ce sont les derniers théâtres superposés encore ouverts au monde. Des visites organisées guident les amateurs de théâtre et d’architecture dans l’élégant théâtre Elgin aux dorures multiples, avant de les faire grimper tout en haut de l’escalier, jusqu’au féérique Winter Garden, un théâtre comme je n’en ai jamais vu. Ses murs sont couverts de délicates peintures murales bucoliques et ses colonnes de support sont habillées en arbres; le plafond, quant à lui, est couvert de feuilles et de lanternes vénitiennes. Bien que ces théâtres n’aient aucune troupe à demeure, ils sont fréquemment réquisitionnés par des compagnies de théâtre professionnel ou communautaire. Les spectateurs qui ont eu la chance de voir Donny Osmond dans Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat l’ont vu au Elgin. De la fin janvier au début mars de cette année, vous pouvez y voir Cristopher Plummer dans Barrymore.
           
S’il fut un temps où le théâtre torontois était couru surtout pour son rapport qualité‑prix, aujourd’hui il est assurément prisé pour ce qu’il est. Qu’ils assistent à des mégaproductions comme la récente mise en scène pré‑Broadway de Priscilla Queen of the Desert ou The Secret Garden, prochainement à l’affiche(du 8 février au 19 mars),ou encore à des spectacles puissants, mais condensés, montés à l’intérieur d’une boîte noire, les amateurs de théâtre constateront qu’à Toronto les arts de la scène offrent une expérience exceptionnelle et des souvenirs qui perdureront à tout jamais.   

Quelques théâtres et compagnies à Toronto
Acting Up Stage Company : principalement des comédies musicales, quelques œuvres originales
Angelwalk Theatre : principalement des comédies musicales
BirdLand Theatre : pièces de théâtre et comédies musicales
Buddies in Bad Times Theatre : plus importante compagnie théâtrale gaie du monde
Canadian Stage Company : principalement du théâtre contemporain
Crow’s Theatre : principalement des pièces de théâtre qui remettent en question les vérités acceptées de l’histoire
Dancap Productions : comédies musicales de grande envergure
Factory Theatre Company : pièces canadiennes originales
Hart House Theatre (Université de Toronto) : productions de toutes sortes
Little Red Theatre : théâtre pour enfants
Lorraine Kimsa Theatre for Young People : théâtre pour jeunes
Mirvish Productions : comédies musicales de grande envergure
Nightwood Theatre : principalement du théâtre féminin
Stage Centre Productions : théâtre classique
Studio 180 : principalement du théâtre à caractère social
Tarragon Theatre : œuvres originales
VideoCabaret : théâtre historique à caractère satirique, joué dans une salle « boîte noire »

http://fr.ontariotravel.net/

Usage guidelines

Libres de droits - nos photos le sont également - ils sont à la disposition des journalistes de la presse écrite et électronique, et peuvent également servir de source d'inspiration pour vos propres articles sur le Canada. Les articles doivent être repris mot à mot, en entier; ils doivent inclure la signature de l'auteur et la note « avec la permission de la Commission canadienne du tourisme »

Mots-clés :
Fermer

Explorez ce que nous faisons pour les voyageurs américains

KeepExploring.ca External Linkss